Technique de la sérigraphie

Définition

La sérigraphie (du latin Sericum : "soie", et du grec graphê : "action d’écrire") devait, étymologiquement s’appeler séricigraphie. Heureusement, et dans le monde entier, la particule "ci" a sauté, ce qui allège un tant soit peu le mot. Ce terme provient de ce que le tissu le plus utilisé pour la fabrication de l’écran, fut et reste encore souvent la soie.

A l'origine, les Américains avaient créé deux termes distincts :

- La sérigraphie : pour sérigraphie artistique uniquement, quand l’artiste crée directement et manuellement sur la soie, tout comme il pourrait graver une pierre en lithographie.

- Le screen process printing (impression à l’écran) réservé aux application commerciales et industrielles de pure reproduction.

Partant des termes américains, on a parlé et on parle encore beaucoup en France d’impression à l’écran d’écran de soie d’impression au pochoir de soie (parce que le procédé peut paraître relever des techniques du pochoir) impression au tamis.

On peut avec la sérigraphie imprimer sur n’importe quel support de n’importe quelle taille et épaisseur et presque de n’importe quelle forme. On peut imprimer manuellement ou automatiquement (en passant par tous les stades intermédiaires). Ce qui différencie la sérigraphie et a pu - à tort - la faire comparer au pochoir c’est que l’on imprime à travers le cliché sur le support et non pas, comme les autres techniques, par le report du cliché sur le support.


La méthode 

Pour "imprimer", on utilise un écran composé d’un tissu -soit naturel (soie) soit synthétique (nylon, térylène), soit métallique (acier inox, bronze, phosphoreux) -tendu sur cadre de bois ou de métal.

Cet écran est "cliché" soit par de méthodes manuelles (film découpé et reporté sur l’écran par exemple), soit par des méthodes photo-mécaniques dites directes ou indirectes, de telle façon que les mailles du tissu soient obturées dans les endroits qui ne doivent pas être imprimés et ouvertes dans les parties de dessin qui doivent être reproduites.

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On colle des taquets sur la table de travail pour positionner le papier d’impression. On pose le support destiné à recevoir l’impression.

L’encre, déposée sur le dessus de l’écran à l’intérieur du cadre est pressée à travers les mailles ouvertes de l’écran à l’aide de la raclette (lame de caoutchouc montée sur bois) déplacée et appuyée sur la surface de l’écran, et se dépose ainsi que le support.

L’opération manuelle ou mécanique est recommencée autant de fois qu’il y a de supports à imprimer, et autant de fois qu’il y a de couleurs, après séchage de chacune des couleurs précédentes, l’épaisseur de la couche d’encre déposée (que l’on peut faire varier) reste malgré tout, même quand elle est déposée, la plus mince possible, 15 ou 20 fois plus épaisse qu’en typographie par exemple.

On ne peut donc empiler immédiatement les supports imprimés les uns sur les autres, ils doivent auparavant être séchés sur des claies à l’air libre ou par des moyens de séchage mécanique dits  "forcés". Les applications du procédé sont sans limites.

Caza Michel, Les techniques de la sérigraphie, Presses du temps présent, 1963